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L'écrivain français Julien Gracq est mort samedi 22 décembre 2007 à l'âge de 97 ans.
Julien Gracq est né le 27 juillet 1910 à St Florent le Vieil, sur les rives de la Loire entre Nantes et Angers.
Agrégé d’Histoire, Julien Gracq débute sa double carrière en 1937. D’une part il entreprend son premier livre, Au château d’Argol, et de l’autre, il commence à enseigner.
Il sera fidèle à son éditeur, José Corti, qui publiera 18 livres.
Une particularité de cet éditeur : il faut que le lecteur ait l’envie certaine de découvrir le texte puisque ses ouvrages ne sont pas « massicotés » !
De 1921 à 1928, il poursuit ses études au lycée Clémenceau de Nantes, où il est interne. Il découvre et lit avec passion Jules Verne, Edgar Poe et Stendhal. En 1925, à Saint-Nazaire il assiste au lancement du bateau L’Ile-de-France, dont "l’appareillage" le marquera, et dont il s’explique dans Préférences.
1928 – Il est à Paris, étudiant en Lettres Supérieures au lycée Henri IV. Il a Alain comme professeur. A l’Opéra de Paris, il a la révélation de Wagner, dont le Parsifal sera déterminant pour son intérêt au cycle de la Table Ronde et à la quête du Graal.
1930 – Il fait des études de géographie à Normale Supérieure, et suit parallèlement des cours de l’Ecole Libre des Sciences Politiques dont il sera diplômé en 1933.
1931 – Révélation et engouement pour la Bretagne, par l’entremise de Henri Queffélec.
Mobilisé en 1939, prisonnier en 40, il est envoyé dans un stalag en Silésie ; tombé malade, il est rapatrié sur Marseille.
En 1945, il publie Un beau ténébreux, son deuxième roman. Il enseigne alors au lycée Claude Bernard à Paris, et y restera jusqu’à sa retraite en 1970.
Gracq publie son troisième roman, Le Rivage des Syrtes, en 1951. Il se voit décerner le prix Goncourt – qu’il refuse, premier écrivain à le faire.
A noter qu’il autorisera Eric ORSENA à choisir ce pseudonyme qui apparaît sur la première page de cet ouvrage… « le pays d’Orsena ».
A la fin des années 170, Gracq jouit d’un lectorat très vaste, y compris à l’étranger.
En 1989, Julien Gracq est l’un des rares écrivains publié de son vivant dans la Pléiade.
Enfin en 1992, il publie son dernier ouvrage : Carnets du grand chemin.
Gracq s’est toujours évertué à ne « pas réduire l'écriture à un pur divertissement, mais bel et bien marquer son refus de tout embrigadement théorique et rappeler le rôle décisif du désir, de la passion, voire de l'instinct dans l'acte créateur ».
Il soulignait qu'il importait "d'écrire comme on se jette à l'eau, en faisant un acte de confiance dans l'élément porteur".
Pour aller plus loin :
Julien Gracq qui êtes-vous ? Entretiens avec Jean Carrière.
L'intégralité de l'œuvre de Julien Gracq est publié aux éditions Corti :
Au château d’Argol, 1938
Un beau ténébreux, 1945
Liberté grande, 1947
Le Roi pêcheur, 1948
André Breton, quelques aspects de l’écrivain, 1948
Le Rivage des Syrtes, 1951
Prose pour l’Etrangère, 1952, 36 pages, 63 exemplaires, HC
Penthésilée, 1954
Un balcon en forêt, 1958
Préférences, 1961
Lettrines, 1967
La Presqu’île, 1970
Lettrines II, 1974
Les Eaux Etroites, 1976
En lisant en écrivant, 1980
La Forme d’une ville, 1985
Autour des sept collines, 1988
Carnets du grand chemin, 1992
Entretiens, 2002*
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