Le général Marcel Bigeard est mort, ce vendredi 18 juin 2010 à l'âge de 94 ans, à son domicile de Toul (Meurthe et Moselle). Considéré comme l'un des officiers généraux les plus décorés de l'armée française, le général Bigeard avait été secrétaire d'Etat à la Défense dans les années 1970 et député de Meurthe-et-Moselle.
Il avait été hospitalisé à deux reprises au mois de mars et de mai pour
une phlébite. Il s'éteint le jour du 70ème anniversaire de l'Appel du 18
juin 1940 du général de Gaulle.
Combattant de la seconde guerre mondiale, des conflits d'Indochine et
d'Algérie, son nom reste lié à la bataille de Dien Bien Phu. Parachuté
avec son bataillon de parachutistes coloniaux sur le camp retranché
encerclé par le Vietminh, Bigeard avait participé aux combats jusqu'à la
chute le 7 mai 1954 et avait été fait prisonnier.
Né à Toul le 14 février 1916, fils d'un cheminot, Marcel Bigeard avait
gravi tous les grades dans l'armée française, de simple soldat pour son
service militaire à la veille de la guerre de 1939 jusqu'à celui de
général de corps d'armée (quatre étoiles). Il avait été rappelé comme
caporal-chef en septembre 1939. Fait prisonnier en juin 1940, il
s'évade, gagne le Sénégal et s'engage dans l'infanterie coloniale.
Sous-lieutenant en Afrique en 1943, il est parachuté en France l'année
suivante, commande les maquis de l'Ariège et participe aux combats pour
la Libération.
Lors de la guerre d'Algérie, il commande le 3ème régiment de
parachutistes coloniaux (RPC) et participe à la bataille d'Alger en 1957
sous le commandement du général Massu. Après les révélations du général
Paul Aussaresses en 2000 sur l'usage de la torture durant le conflit,
Bigeard admet son utilisation, préférant évoquer des «interrogatoires
musclés».«Nous avions affaire à des ennemis motivés, des fellaghas, et les
interrogatoires musclés, c'était un moyen de récolter des infos. Mais
ces interrogatoires étaient très rares et surtout je n'y participais
pas. Je n'aimais pas ça. Pour moi, la gégène était le dernier truc à
utiliser», déclarait-il en 2007 au quotidien suisse la Liberté. Mais
contrairement à Massu, qui a regretté l'usage de la torture, Bigeard
n'avait émis aucun remord. «Je ne regrette rien ! Nous avons fait face à
une situation impossible. »
De retour en métropole, Bigeard est successivement nommé général de
brigade en 1967, général de division, commandant supérieur des forces
françaises dans la zone sud de l'océan Indien, puis, en 1973, adjoint au
gouverneur militaire de Paris, commandant de la 1ère région. Promu
général de corps d'armée (quatre étoiles) fin 1973, il est nommé, en
1975 secrétaire d'Etat à la Défense. Il démissionnera en août 1976 en
critiquant l'insuffisance de son budget.
Député de la Meurthe-et-Moselle (1978-1988), président de la commission
de la Défense nationale de l'Assemblée nationale (1978-1981), il se
signale par ses diatribes contre les socialistes.
Marcel Bigeard était notamment décoré de la grand'croix de la Légion
d'honneur, de la Croix de guerre et de la Distinguished Service Order
(GB). Il a publié une quinzaine d'ouvrages dont «Pour une parcelle de
gloire». Il s'était marié en janvier 1942 avec Gaby Grandemange, avec
laquelle il avait eu une fille, Marie-France.