El Hadj Omar Bongo Ondimba est mort lundi 8 juin 2009. L’Afrique et le reste du monde le connaissaient mieux sous le nom d’Omar Bongo, Président de la République du Gabon depuis 1967.
Il est décédé à l’âge de 73 ans alors qu’il était hospitalisé depuis le
11 mai 2009 en Espagne. Officiellement pour un «bilan de santé», en
réalité pour un cancer des intestins.
Franc-Maçon converti à l’islam en 1973, Omar Bongo était le doyen des
chefs d’Etat africains, potentat local tout-puissant et figure
incontournable de la Françafrique. Au pouvoir depuis plus de quarante
ans, il avait été proche de tous les présidents français, de Pompidou à
Chirac. A peine élu, le 7 mai 2007, Nicolas Sarkozy l’avait appelé et
le 27 juillet, le chef de l’Etat français avait terminé sa tournée
africaine par le Gabon. Pour Omar Bongo, «l’Afrique sans la France,
c’est la voiture sans le chauffeur. La France sans l’Afrique, c’est une
voiture sans carburant». «Une grande figure de l’Afrique disparaît», a
réagi dimanche soir Hervé Morin, le ministre de la Défense français, à
l’annonce de sa mort.
Depuis le début de l’année, les relations entre le président gabonais
et Paris s’étaient nettement rafraîchies. La justice financière
française avait ouvert une enquête contre Omar Bongo et deux autres
chefs d’Etat africains – Denis Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville et
Teodoro Obiang en Guinée équatoriale – soupçonnés de posséder en France
de nombreux biens immobiliers financés par des fonds publics détournés.
La famille Bongo posséderait en France plus d’une trentaine
d’appartements et d’hôtels particuliers équivalent à quelque 150
millions d’euros.