Agé de 69 ans, l'ancien dictateur irakien a été pendu le 30 décembre peu avant 6 heures.
Saddam Hussein est né le 28 avril 1937 dans une famille très pauvre de paysans sans terre du village d'al-Auja, non loin de Tikrit. Il n’a pas connu son père et fut élevé par le par le nouvel époux de sa mère, un homme brutal et illettré, qui le traite rudement. Dès l'âge de six ans, il commence à travailler comme berger. Sa famille n'ayant pas les moyens de lui payer des chaussures, il allait travailler dans des champs pieds nus. À l'âge de huit ans, il fuit le domicile familial, il est recueilli à Bagdad par un oncle maternel, Khairallah Talfah, ancien officier qui avait soutenu la révolution de Rachid Ali Gaylani et qui est devenu maître d'école. Admiratif de son oncle, il décide de devenir comme lui, officier. Il se présente à l'école militaire pour passer le concours d'entrée mais il échoua.
Après la fin de ses études secondaires, le jeune Saddam rejoint une cellule clandestine du parti Baas (le parti socialiste de la Renaissance arabe). Ce parti, fondé par un Syrien chrétien, Michel Aflaq et par un musulman Salah al-Din al-Bitar, affilié à la IIe internationale socialiste, prônait en fait un arabisme laïc mélangé de références socialistes. Membre du parti Baas, il milite dès le début des années 1950, pour l'unité arabe. Quelques années plus tard, il est condamné avec son oncle à six mois de prison pour avoir tué un informateur de la police.
Épaulé par son groupe, sa « tribu », constituée de sa famille proche, de ses nombreux cousins et alliés, et des natifs de sa ville de Tikrit, Saddam Hussein, peu à peu, « élimine » ses rivaux, et réussit à contrôler Bagdad, la capitale. Il devient vice président de la république en 1971. Cependant pour contrôler le pays, il a besoin d'un parti à sa dévotion, et prend modèle sur le Parti communiste de l'Union soviétique, avec laquelle l'Irak signe en 1972, un traité d'amitié. Saddam Hussein se rend aussi en France la même année, le 14 juin[1][2].
Le Parti Baas, devient rapidement omniprésent, omnipotent, et un passage obligé pour toutes les affaires et pour accéder au pouvoir. En quelques années, ce parti devient un instrument entièrement au service de Saddam Hussein, qui concentre tous les pouvoirs entre ses mains, passant d'un pouvoir collégial, au début, à un despotisme absolu, même s'il a conservé pour la forme, le Conseil de commandement de la révolution, censé détenir le pouvoir (Ezzat Ibrahim Al-Duri en est le vice-président).
Au début des années 1970, il se donne le titre de général honoraire. Le 1er juin 1972 il commence une vaste nationalisation des compagnies pétrolières monopolistes qui se trouvaient jusque là entre des mains étrangères. L'Irak connaîtra alors un développement industriel et social sans précédent. Saddam Hussein s'est efforcé de moderniser l'économie et l'industrie. En 1973, il devient général, et en 1979, à 42 ans, se sentant assez puissant, il remplace à la présidence de l'Irak Ahmad Hasan al-Bakr suite à son renoncement précipité, officiellement pour « raison de santé ». Des milliers de cadres du parti Baas sont alors convoqués d'urgence et vingt-deux d'entre eux, accusés de trahison, sont arrêtés en pleine assemblée présidée par Saddam Hussein fumant le cigare et pleurant parfois, et sont emmenés à l'extérieur pour être exécutés sommairement. La scène est filmée et est suivi en direct dans tout le monde arabe, et servira à asseoir le pouvoir du nouveau dictateur en Irak et deviendra célèbre mondialement comme illustration de ses méthodes et de sa personnalité.
Le régime est l'auteur du massacre de plusieurs milliers de Kurdes (certaines estimations avancent le chiffre d'un million de morts), essentiellement dans le nord du pays. Dès 1963, la population kurde est persécutée et massacrée : 4 500 villages sont détruits, des mines antipersonnel sont dispersées dans la région et les terres agricoles sont dévastées. Pendant la guerre contre l'Iran, les Kurdes sont accusés d'être des « traîtres à l'Irak » et des « saboteurs », ce qui justifie le lancement de l'opération de l'Anfal. Pour la première fois dans l'Histoire, un gouvernement retourne ses armes de destruction massive (agents chimiques) contre sa propre population.
Elle aboutit à la disparition d'environ cent mille personnes si l'on en croit les affirmations du cousin de Saddam Hussein, Ali Hassan al-Majid, surnommé « Ali le Chimique ». Certaines associations de lutte pour les droits de l'homme parlent de « génocide ». Le 16 mars 1988, cinq mille Kurdes meurent dans la ville de Halabja et les bombardements provoquent trente mille à quarante mille contaminations. La coalition américano-britannique a trouvé, entre 2003 et 2005, 288 charniers contenant quelque 300 000 corps de personnes exécutées par le régime baassiste. Le 13 décembre 2004 a été découverte une fosse contenant près de cinq cents cadavres, dont ceux de femmes et d'enfants, dans les environs de Souleimaniye.
La chute de Bagdad, le 9 avril 2003, marque la fin officielle du régime de Saddam Hussein et sa fuite. Après plusieurs mois passés dans la clandestinité, Saddam Hussein est officiellement arrêté dans une cave par l'armée américaine à Tikrit dans la nuit du 13 au 14 décembre 2003.
Le 30 décembre, il a été finalement décidé d'exécuter l'ancien président irakien, âgé de 69 ans, à Bagdad peu avant 6h00 (heure locale). Sa pendaison met fin à toutes les actions dont celui-ci devait répondre, dont sept autres procédures. Elle devrait être accueillie avec satisfaction par la majorité chiite, violemment opprimée sous son règne, mais pourrait alimenter davantage encore la colère de la minorité sunnite, voire décevoir de nombreux Kurdes qui souhaitaient le voir jugé pour génocide contre leur communauté.
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