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Écrit par Michel Hadrien
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22-01-2007 |
L'abbé Pierre est mort, lundi 22 janvier, à 5 h 25 à Paris. Il avait 94 ans.
L’abbé Pierre nous a quitté au moment même où un projet de loi émerge pour rendre effectif un principe pour lequel il s'est battu toute sa vie : le droit au logement.
Jusqu’à la fin, il a défendu les droits des plus démunis.
Il était né, le 5 août 1912, dans une nombreuse (huit enfants), riche et pieuse famille de soyeux d’IRIGNY, où il revenait régulièrement pour retrouver ses racines. Il accomplit son noviciat à Saint-Etienne et son scolasticat à Crest (Drôme). Après il opte, à 19 ans, pour l'ordre des capucins – distribuant sa part d'héritage aux nécessiteux de Lyon.
Il est nommé vicaire à Grenoble, après avoir été ordonné prêtre en août 1938. crée le premier refuge pour réfractaires au STO, fonde un journal clandestin, L'Union patriotique indépendante. Arrêté et évadé deux fois, il rencontre le général de Gaulle à Alger le 17 juin 1944.
Le gouvernement provisoire le nomme aumônier général de la marine. Des tâches d'information l'amènent à parcourir, en 1945, l'Afrique francophone.
Poussé par ses amis résistants, il est élu, à la Libération, député indépendant de Meurthe-et-Moselle (il rejoint le MRP en 1946, puis la Gauche indépendante socialiste en 1950 avant d'être battu en 1951).
A Pâques 1950, il fonde la communauté Emmaüs. N'était admis que celui qui acceptait de travailler plus que pour sa seule subsistance.
Le bouche-à-oreille et… les services sociaux dirigent des sans-logis vers Emmaüs. Baraquements en bois ou en tôle, puis petites maisons en dur s'élèvent à Neuilly-Plaisance, à Pontault-Combault, au Plessis-Trévise. Mais la trésorerie de la communauté est souvent à sec et l'abbé Pierre mendie sur les Grands Boulevards à Paris. Cela donne l'idée à deux de ses compagnons d'enseigner autour d'eux leur savoir-faire : les chiffonniers d'Emmaüs prennent ainsi place aux côtés des bâtisseurs
Par la puissance de sa colère et de son message, l'abbé va provoquer un raz-de-marée de générosité en France durant l'hiver 1954. On compte aujourd'hui 350 communautés, dont 110 en France.
Pendant cette décennie (1984-1994), il a été la conscience de la société française. Pour lui, c'était "un devoir" de s'enflammer devant stylos, micros et caméras, dès que pointait le spectre d'une injustice. "Voix des hommes sans voix", comme il aimait se définir, ses colères étaient toujours spontanées. Elles ont fait réfléchir et fléchir plus d'un responsable politique, de gauche comme de droite. Le 14 juillet 1992, promu grand officier de la Légion d'honneur à la veille de son80 e anniversaire, il refusait de porter l'insigne tant que trois cents familles africaines, mises à la rue et campant depuis trois mois sur l'esplanade de Vincennes, ne seraient pas relogées. Dans les 24 heures, le gouvernement socialiste mettait deux immeubles inoccupés à leur disposition.
Le fondateur d'Emmaüs portait un regard clairvoyant sur la société, sur l'évolution des mœurs et de la sexualité. Reconnaissant sans fausse pudeur que "le plus douloureux à vivre, ce fut vraiment le vœu de chasteté, qui conduit à renoncer à la tendresse d'une femme".
En savoir plus sur la vie de l'abbé Pierre
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Dernière mise à jour : ( 05-10-2008 )
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