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Jean-François Guillotte  Print   Email

Christophe Laronze
Jean-François Guillotte
69007


Adieu Jean-François ! Nous avons distribué des milliers de tracts, fait signer des centaines de pétitions, animer des dizaines de rassemblements, manifesté par tous les temps… Convaincus de changer le monde. Difficile de mesurer le résultat de tant d’efforts. Quand bien même. Qui l’aurait fait à notre place ? Quand il fallait des volontaires – Jean François répondait présent. Quand il fallait hausser le ton pour se faire entendre – le son grave de sa voix résonnait à nos oreilles. Quand il fallait forcer les portes pour s’imposer - nos bras poussaient ensemble. Quand il fallait défendre un collègue en disgrâce - il n’hésitait pas. Dans les manifestations, nous faisions les premiers pas de concert. Ensuite, en reporter, vêtu de son mythique gilet multi-poches, il fixait sur la pellicule nos moments syndicaux. Sa révolte s’ajoutait à la nôtre, sa présence était de nature à nous encourager davantage dans l’action. Les valeurs que nous partagions scellaient le groupe des militants. C’est à ce titre que l’on te nomme depuis longtemps “camarade”. A la tristesse et aux regrets je préfère le constat d’une vie bien remplie - jusqu’au bout - de convictions et d’engagements. Une belle âme qui s’envole…. On se souviendra d’une fragilité et d’une sensibilité qu’aucune barbe, aussi fournie soit-elle, ne pourrait dissimuler. On se rappelle des coups de gueule et des paroles rassurantes… Le feu et le miel sous une tignasse rebelle du matin au soir. Les mandats syndicaux nationaux pour lesquels nous l’avions mandaté et pour lesquels il avait été élu étaient la preuve incontestable de notre reconnaissance de son engagement. Cela lui avait permis d’être encore meilleur. Nous avons la faiblesse de croire qu’il a ressenti un vrai bonheur et une grande satisfaction à tenir ces fonctions. L’annonce de son décès a révélé à quel point il était apprécié….délégation RSI, militants du Rhône, collègues de travail ont tous exprimé à leur façon leur tristesse et leur regret de l’avoir perdu si tôt Une personne qui donne autant aux autres ne laisse jamais indifférent. Nous saluons son dernier combat pour la reconnaissance de la pénibilité sur les services de supervision. Il avait été un des piliers pour la mobilisation et pour les négociations. Nous étions tous fiers de l’avoir à nos côtés. L’issue de ce combat a d’ores et déjà été appréciée et reprise dans d’autres entreprises…. Il n’aura malheureusement pas profité de tout ce qui a été gagné mais nous savons que les bagarres qu’il menait étaient d’abord et avant tout pour les autres, pour ceux qui lui succèderaient. Notre ami s’en est allé beaucoup trop tôt et la douleur est forte. Nous avons toujours l’espoir qu’il va réapparaître en nous expliquant que ce n’était qu’une blague. Tous ceux qui le connaissaient, même un petit peu, savent que sous son air bourru se cachait un homme avec un cœur énorme. Sa gentillesse va nous manquer car Jean-François était un « vrai gentil ». Certainement que les militants et les collègues du PSR comptaient plus à ses yeux que nous ne pouvons l’imaginer. Comme lorsqu’il quittait le local rue Pierre Delore, taquins et sûrs de le faire sourire, nous lui criions du haut des escaliers, « Ciao Grillotte, à demain ! »
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